Babacar DIOP – Membre du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des marchés publics du Sénégal

Babacar DIOP Rédaction ACP : Monsieur Diop, vous êtes membre de
l’Autorité de régulation des marchés publics du Sénégal. Pouvez-vous nous
expliquer le rôle et les missions de l’ARMP ?

Babacar DIOP : Comme suite à la réforme du
système des marches publics du Sénégal, il a été créé deux structures de contrôle : la DCMP (Direction centrale des marchés
publics) qui assure
le contrôle a priori et l’ ARMP (Autorité de régulation des marchés publics)
chargé du contrôle a posteriori.
L’ARMP est dirigée par un conseil de régulation composé de neuf
membres avec une représentation paritaire de 3 membres du secteur privé, 3 membres de la société civile, 3 membres de l’administration
publique et la Direction générale dont le directeur et tout le personnel sont
recrutés sur concours.
L’ARMP joue le rôle de régulateur en statuant sur les recours introduits par les entreprises au niveau des appels d’offres, demandes de renseignement des prix (DRP) et tranche les litiges entre les autorités contractantes et la DCMP. Par ailleurs toute la législation sur les marchés publics est du ressort de l’ARMP (Code des marches,
circulaires, modifications …) ainsi que les audits de passation des marchés des autorités contractantes.

Rédaction ACP : Quelles sont les principales
irrégularités au Code des marchés publics constatées par l’ARMP ?

Babacar DIOP : L’ARMP enregistre beaucoup
de recours venant des entreprises portant sur les attributions des marchés. Constats : des éliminations sous prétexte de manque de références similaires, exigence de
materiels inutiles, chiffres d’affaires exagérés …. Fraude sur les documents demandés par certaines
entreprises (cautions, pièces
administratives, …).

Rédaction ACP : Chaque année l’ARMP présente un rapport
d’audit des procédures de passation ; quelles sont les suites données à ce
rapport ?

Babacar DIOP : Nos rapports sont
transmis à la Présidence de la République, à la primature, à l’Assemblée
nationale, à la Cour des comptes et au ministère
de la Justice ; hélas jusqu’à ce jour il n’y a pas de sanctions. Peut être que l’autorité politique va réagir avec la pression exercée par
le secteur privé, les partenaires au développement et la société civile.


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.