La dichotomie programmiste / maître d’œuvre

Outil fondamental de la maîtrise de la qualité du projet, la programmation permet au maître d’ouvrage de définir sa commande (en fonction de ses objectifs et de ses moyens) et de la maîtriser tout au long du processus de réalisation opérationnelle, pour aboutir à un projet satisfaisant tant qualitativement que techniquement.

Étape importante dans la mise en œuvre de tout projet de réalisation privé ou public, la programmation entre dans les obligations prévues par la loi MOP du 12 juillet 1985 art. 2. En effet, le maître d’ouvrage doit pour tout projet de réalisation :

– s’assurer de l’opportunité et de la faisabilité de l’opération envisagée,

– déterminer sa localisation ;

– définir le programme ;

– arrêter l’enveloppe financière prévisionnelle ;

– choisir le processus selon lequel l’ouvrage sera réalisé.

Nous avons là le contenu du programme. Toutefois, deux types d’études sont à prendre en compte :

les études pré-opérationnelles : c’est une phase d’aide à la décision qui permet au maître d’ouvrage de prendre la mesure du lancement du projet.

les études opérationnelles : cette phase permet d’apporter des modifications et de mettre à jour le programme. Ce sont l’ensemble des documents soumis à validation du maître d’ouvrage et d’exprimer sa commande à l’attention du maître d’œuvre.

La phase de la programmation appartient au programmiste. Celui-ci est issu de formation supérieure variée (sociologues, géographes, urbanistes, architectes, ingénieurs, etc.).

Le programmiste doit être indépendant du maître d’œuvre. Il joue un rôle fondamental d’interface entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. Il traduit la commande du premier au second et contribue à la qualité du dialogue qui doit s’instaurer entre les acteurs du projet.

Il est très important que l’organisation du maître d’ouvrage traduise les divers champs de compétences et de responsabilités et identifie les prestataires correspondants.

L’action du programmiste est d’autant plus efficace sur le projet que son regard est impartial.

Récemment, une réponse ministérielle insiste sur le rôle du programmiste dans l’évaluation financière. (Réponse du Ministère de la Culture et de la communication publiée dans le JO Sénat du 17/05/2012). Elle prévient le mélange des genres entre le maître d’œuvre et le programmiste: pour les collectivités qui souhaitent confier l’évaluation au maître d’œuvre.

En effet, la réponse ministérielle se traduit comme suit : « avant tout commencement des études d’avant-projet, le maître d’ouvrage doit définir le programme et arrêter l’enveloppe prévisionnelle de son opération. Concrètement, cette phase indispensable de définition du programme peut être réalisée soit par la collectivité elle-même, lorsqu’elle dispose en son sein de services techniques comprenant des architectes et des ingénieurs, soit par une mission spécifique d’assistance à maîtrise d’ouvrage auprès d’un programmiste qui l’aidera à élaborer le programme et à évaluer l’enveloppe prévisionnelle, permettant ainsi à la collectivité de disposer à la fois des éléments pour la demande de subvention et l’établissement du cahier des charges, préalablement à l’engagement de la consultation de maîtrise d’œuvre. L’architecte retenu au terme de la consultation apportera une réponse architecturale, technique et économique au programme et sera notamment en charge, dans le cadre de sa mission de maître d’œuvre, des études d’avant-projet.

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