La nouvelle gestion publique au service de la performance

Martine ThouetMartine Thouet
Expert sénior en finances publiques

2014, sera une année tournée vers la nouvelle gestion publique, au service des administrés, et les élus devront faire face à une obligation de résultats.

De la régularité à l’efficacité, la nouvelle gestion budgétaire locale devra être basée sur la performance et l’efficacité des coûts des politiques publiques.

La performance est le nouvel enjeu des politiques locales publiques et les élus devront s’engager vers une politique locale axée sur la culture du résultat.

La stratégie des politiques publiques locales devra s’appuyer sur des objectifs clairs liés aux attentes des électeurs. En effet, à partir de janvier 2014, période pré-électorale avant les élections municipales de mars, s’ouvrira une période très riche en débats et discussions, ce sera également le temps des bilans et des « promesses ».

Les élus seront « au front » pour défendre leur bilan. L’analyse de l’équilibre financier se fera en comparaison des principaux ratios et des chiffres clés.

Les ratios qui seront dans le collimateur sont les suivants : le niveau de la fiscalité locale, de l’endettement et des dépenses de personnel.

Les électeurs seront face à une batterie de chiffres et de résultats, mais plus encore, les administrés jugeront leurs élus sur la performance des résultats obtenus qui seront disséqués et les réalisations observées, analysées et critiquées au regard de leurs impacts sur la population.

Dans cette période économique très tendue et face à la réduction programmée des dotations d’État, les élus devront se préparer à des débats difficiles en équilibre entre un bilan de la mandature et des propositions réalistes et réalisables.

Plus que jamais, les élus et les gestionnaires vont devoir s’appuyer sur une approche différente.

La nouvelle gestion publique 

Une nouvelle gestion budgétaire basée sur les résultats s’impose aux gestionnaires et la performance est le nouvel enjeu pour une gestion efficace des finances publiques.

Performance, résultats, réalisations et impacts sont  les nouveaux mots clés que les élus devront utiliser au cours des débats pour présenter la nouvelle gestion publique.

Les élus devront défendre leurs résultats, évaluer les chiffres clés présentés au regard des indicateurs de résultats, mais aussi et surtout aborder les bilans et les propositions face à la performance.

2014, l’heure des bilans, l’heure des audits, partout et pour tout, vous entendrez les élus de la majorité ou de l’opposition brandir l’outil de l’audit pour évaluer les politiques publiques locales.

L’audit n’est pas un outil pour sanctionner les politiques locales et les élus, il doit jouer le rôle de conseil au service des gestionnaires.

En 2014, l’audit doit prendre tout son sens au service des politiques publiques et des gestionnaires. Les élus doivent être « outillés » et armés d’instruments modernes et simples qui leur permettront de défendre un bilan au terme du prochain mandat.

Ils disposent actuellement des outils traditionnels, ils devront s’approprier des nouveaux outils simples et modernes.

L’approche, basée sur la performance, initiée par une gestion budgétaire moderne pose cependant un certain nombre de questions importantes.

Quelles informations doivent être transmises aux administrés ? Comment sont définis les stratégies, les plans d’action, les objectifs et les indicateurs de performance ? Quels sont les contrôles rénovés ou les nouveaux contrôles qu’il convient de mettre en place?

Une nouvelle approche s’impose pour présenter, gérer et maîtriser le budget.

Le contrôle interne financier public basé sur l’approche par les risques et l’audit sont les outils qui vont supporter la nouvelle gestion publique locale. Pour une gestion financière forte et solide, l’action publique doit se réorienter vers plus de transparence et de durabilité.

La performance 

Les objectifs ne sont plus seulement basés sur la régularité, mais sur davantage d’efficacité et de performance : d’une gestion budgétaire locale au seul objectif de conformité, il conviendra de s’orienter vers une gestion nouvelle à trois objectifs : l’économie,  l’efficacité et l’efficience.

La traçabilité devra être un point clé dans le dispositif de la nouvelle gestion budgétaire. Les responsables et les gestionnaires de budget devront connaître et suivre toutes les informations et les opérations financières ou non, grâce à un outil moderne : la piste d’audit.

La nouvelle administration locale, pour être plus efficace, plus performante, plus transparente et plus sécurisée doit être dotée d’un système de contrôle interne financier public basé sur les bonnes et les meilleures pratiques.

La nouvelle administration locale devra s’organiser à partir d’une nouvelle approche constituée du contrôle interne, de l’audit, de la piste d’audit (traçabilité, sécurité et durabilité), de l’approche par les risques et de la gestion orientée vers les résultats.

Il convient de tourner le dos aux pratiques traditionnelles pour adapter un nouveau système de contrôle interne financier public qui prendra en compte les objectifs à atteindre, les ressources et les moyens, les réalisations, les résultats obtenus et les impacts à moyen et long terme, mais aussi et surtout la qualité du management et la responsabilité des managers.

Pour une nouvelle gestion publique axée sur la performance, il faudra mettre en place un système moderne, simple et dynamique basé sur l’audit et le contrôle financier interne qui devra supporter l’administration et permettre aux gestionnaires du budget d’être plus efficaces et plus transparents.

Plus que s’assurer du simple respect formel de la régularité budgétaire, l’administration doit désormais  se concentrer sur l’efficacité des politiques locales publiques, la performance des résultats, ainsi que la collecte et l’utilisation et la protection des fonds publics.

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