Cédric Perrin, Manager Contrats IT à la Ville de Lyon

ACP FORMATION : Quelle évolution des achats informatiques dans le secteur public retenez-vous en priorité ?

Cédric Perrin : En dehors des restrictions budgétaires et autres tendances générales, nous avons connu dans le domaine informatique une forte concentration des acteurs ces dernières années.
Les sociétés ainsi créées sont en général très bien organisées en matière de réponse aux marchés publics. Les services spécialisés qui ont pour mission d’assister les équipes internes ou de prendre en charge les réponses aux procédures en maîtrisent bien souvent les finesses.

Cela oblige plus que jamais les acheteurs publics à être attentifs dans la rédaction de leurs dossiers et à anticiper, autant que possible, les incidences de leurs demandes et les éléments nécessaires à une bonne exécution opérationnelle du marché.

La connaissance approfondie du marché fournisseur et le partage d’expérience sont donc des prérequis essentiels aux procédures dont l’enjeu le justifie. Si le benchmark est relativement simple à mettre en place dans le domaine public étant donné qu’il n’existe pas de « vrai concurrence » et donc bien moins de censure dans les échanges, le sourcing lui est plus délicat.

ACP FORMATION : Comment approfondir sa connaissance du marché fournisseur dans le contexte des marchés publics ?

Cédric Perrin : En anticipant ses démarches !

Comme la DAJ le stipule, les fournisseurs peuvent être rencontrés en amont des procédures. C’est un axe essentiel permettant l’intégration d’innovation dans les marchés publics. Au-delà de ça, un sourcing poussé est indispensable pour pouvoir mesurer l’incidence économique et opérationnelle des éléments du besoin initial. Il est ainsi possible de concentrer les réflexions internes sur les éléments impactant et de confronter le benchmark réalisé aux orientations du secteur.

Un sourcing précis permet aussi de noter les éléments qui sont indispensables, utiles ou accessoires pour les fournisseurs. Cette connaissance permet de limiter les interprétations, donc les risques opérationnels durant l’exécution, les mark-up« risques », donc d’améliorer l’efficacité économique, et de voir les tendances du marché fournisseur concerné, donc d’assurer l’adéquation maximum sur la durée.

ACP FORMATION : Quelles tendances sur le métier d’acheteur SI ?

Cédric Perrin : Comme dans le privé, pour répondre à la professionnalisation chez les fournisseurs des fonctions telles que Service Manager (ou Responsable opérationnel de compte…), le métier d’acheteur a tendance à évoluer vers des fonctions de pilotage global d’exécution.

Loin de se substituer aux pilotes opérationnels internes, l’acheteur les complète au contraire en faisant miroir au Service Manager chez le fournisseur.Par exemple dans un marché de TMA où chaque application majeure est pilotée opérationnellement par un Responsable d’Application, il assure la vision globale des engagements et de l’exécution. Cela permet ainsi d’alerter sur une dérive globale ou de relativiser un vécu opérationnel précis,de capitalise rde l’expérience sur l’ensemble du périmètre du marché et ainsi d’assurer la cohérence globale et l’amélioration continue des futures procédures,d’assurer une cohérence interne et donc une meilleure performance vis-à-vis des fournisseurs…

Il y a bien sûr d’autres effets directs ou indirects mais il est surtout intéressant de noter que la mise en place de ce rôle au sein des acheteurs permet une responsabilisation sur l’ensemble de leurs démarches et les crédibilisent auprès des opérationnels. La transversalité et la cohésion interne qu’il assure,incitent aussi les fournisseurs à une constance qualitative et une rigueur accrue.

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