Élections municipales 2020 : l’enjeu d’optimisation du coût des services publics

Christophe Michelet
Président
PARTENAIRES Finances Locales 

Les prochaines élections municipales verront sans doute ressurgir le « ras-le-bol fiscal » qui s’est déjà exprimé dans la rue et revient dans le cadre du « Grand débat national ».

D’aucuns diront que le sujet revient à chaque élection, débouchant sur un florilège de promesses de non-augmentation, voire de baisse des impôts locaux, qui résiste parfois mal à la confrontation au réel.

L’exercice s’annonce pourtant plus périlleux en 2020 : la baisse des dotations entre 2013 et 2017, et maintenant la contractualisation avec l’État, ont déjà épuisé une grande partie des possibilités d’économies en fonctionnement, tandis que les investissements réalisés ont été bien inférieurs à ceux des mandats précédents.

Dans ce contexte, gager une promesse de stabilité, voire de baisse des taux sur un énième coût de rabot sur les dépenses de fonctionnement ou sur de moindres investissements risque d’être illusoire.

D’autant qu’en parallèle les citoyens/usagers/contribuables expriment un besoin de renforcement des services publiques locaux… et une baisse de leurs coûts, voire la gratuité !

Face à ces injonctions contradictoires, les futurs élus doivent anticiper une véritable évaluation financière de leurs projets, mais aussi des politiques publiques déjà mises en place.

Pour bâtir leur projet de mandat et surtout pouvoir le mettre en œuvre, les futurs élus vont devoir au préalable s’interroger sur les services publics existants. L’évaluation de l’ensemble des politiques et actions publiques constituera un postulat à toute décision. Seule une démarche basée sur une logique d’efficience permettra de redéployer les ressources en interne, d’optimiser et de moderniser les services publics, tout en respectant les grands équilibres budgétaires et financiers.

Il ne s’agira plus de rogner les dépenses, mais de repenser la dépense.

À l’aube de la prochaine mandature, les élus et futurs élus doivent donc anticiper une reconfiguration de leurs politiques publiques, reposant sur le triptyque suivant : une évaluation de l’efficacité de leurs politiques ; une optimisation des coûts et plus largement de l’adéquation entre moyens financiers et résultats et la coordination et la mobilisation de tous les acteurs du territoire, autour d’une logique de projets.

Sans oublier bien sûr d’y associer les citoyens/usagers/contribuables, en attente du meilleur niveau de service public, mais qui en méconnaissent souvent les contraintes de production.

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